Les 11 et 12 août 2026, le Centre des Nations Unies pour les Droits de l'Homme et la Démocratie en Afrique centrale (CNUDHD-AC) et Hub régional des Nations Unies aux droits de l'homme pour l'Afrique centrale et de l'Ouest, en partenariat avec des organisations autochtones, a organisé à Loussou, dans l'Est du Cameroun, une série d'activités commémoratives de la Journée internationale des peuples autochtones.
La participation a largement dépassé les prévisions initiales. Le premier jour, 95 personnes, dont 56 femmes, ont pris part aux activités. Le second jour, 65 participants, dont 60 femmes, étaient présents, illustrant une forte appropriation des activités par les femmes autochtones et les communautés locales. Cette mobilisation remarquable témoigne de l'intérêt croissant des communautés pour la promotion de leurs droits, de leur culture et de leur développement.
Parmi les temps forts de la rencontre figurait une séance de causerie communautaire consacrée à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) adoptée en 2007. Les échanges ont permis de renforcer la compréhension des droits reconnus aux peuples autochtones et de rappeler l'importance de leur participation aux décisions qui affectent leur vie et leurs territoires.
L'événement a également mis en lumière le rôle essentiel des matronnes Baka dans la préservation des savoirs traditionnels liés à la santé reproductive. Au cours d'une session intergénérationnelle, elles ont partagé leurs connaissances et leurs pratiques avec les femmes et les jeunes filles de la communauté, contribuant ainsi à la transmission d'un patrimoine culturel et sanitaire précieux. Cette session a fait l'objet d'un tournage vidéo destiné à documenter et valoriser ces savoirs autochtones.
Au-delà des activités de sensibilisation, la célébration a produit un résultat concret et immédiat pour la communauté. À la suite des conseils pratiques dispensés par le CNUDHD-AC sur la gestion et l'entretien des points d'eau, les habitants du village de Loussou ont pu procéder eux-mêmes à la réparation de deux des quatre points d'eau en panne dans le village. L'un de ces ouvrages était hors service depuis six ans, tandis que l'autre ne fonctionnait plus depuis deux mois.
Cette réalisation illustre la valeur d'une approche fondée sur l'autonomisation communautaire, où le partage de connaissances permet aux populations de trouver elles-mêmes des solutions durables à leurs défis quotidiens. Elle met également en évidence le rôle moteur joué par les femmes, dont la forte participation a largement contribué au succès de l'événement.
À travers cette initiative, les communautés autochtones de Loussou ont démontré que la promotion des droits, la valorisation des savoirs traditionnels et l'action collective peuvent produire des changements tangibles et durables.